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vendredi 11 décembre 2009

Complaisance...












"Je me morfond sur mon sort au fond de mon petit trou creusé avec soin entre les draps de mon lit. Position foetus pour une grande perche dont les pieds dépassent au bout de la couette. De la petite brêche que j'ai laissé ouverte, je regarde le mur d'en face, ses posters, dessins, affichages divers. Je me complaît en quelque sorte dans cette léthargie..."

mercredi 24 juin 2009

Projet fanzine en cours




Hantée



J'ai vu des visages morts, yeux grands ouverts ils observaient la ville de leur promontoire. Les corps maigres, vaporeux, semblaient flotter, se jouant des vents turbulents qui tentaient vainement de les charrier au loin. Les mains noueuses se tendaient, poings fermés, vers le ciel ; ils revendiquaient leur existence au sein de ce monde endormi qui ne semblait pas les reconnaître.

Pourtant ils étaient des nôtres, ils étaient nos amants, nos maîtresses, nos pères, nos mères, frères et sœurs, ennemis ou amis qui avaient été effacés par la vie qui suivait son cours. Nos cœurs blessés voulaient les oublier, et pourtant ils étaient là, dressés dans le brouillard et vivants, à réclamer notre souvenir.

J'avais décidé de changer le cours de ma vie, tenté de soigner mes blessures mais j'avais beau courir, modifier ma route, je continuais à sentir leur souffle dans ma nuque.

Ils profitaient de chaque instant de relâchement, de solitude, de détresse, pour me rappeler que j'avais beau fuir en avant, ils seraient toujours là pour me rappeler que ma vie ne valait pas grand chose, que rien ne comptait et surtout pas ma seule volonté.

Je me lavais, me rinçais de leur odeur. Rien n'y faisait, ils étaient toujours là, ombres caressant mes rêves, s'inquiétant de mes nuits,s'outrageant de mes folies, hantant mes journées. A chacun de mes détours ils étaient là...



Y a des murs blancs sur lesquels j'ai envie de vomir
Vomir de la peinture, du feutre, du papier, de la craie...
Vomir mes tripes et tout ce que je pense de bien ou de mal
de la vie, la ville

Y a des murs blancs qui apparaissent partout,
un peu trop...

Y a des murs blancs avec des vigils silencieux
qui t'observent et te jugent

Y a des murs blancs qu'on a intérêt à salir
de nos plus beaux rêves, à remplir

Y a des murs blancs, trop blancs
qu'on s'empresse de recouvrir
dès qu'apparaissent des traces de vie

Y a des murs blancs qu'on a intérêt à salir

GENTRIFICATION
sale temps pour la ville

remplis ton mur!


Même pas peur!

Paisiblement traverse la ville, à pas feutrés, hume l'air frais,
t'emplis par toutes le pores. Brouillard terrible, opaque.

Voit les quelques lumières vacillantes de l'aube
Souffle au creux de tes mains, souris à cette nouvelle journée.

Même pas peur de l'inconnu caché au milieu des ombres.

Ruelles encore un peu sombres, penche la tête, scrute les recoins
à la recherche des petits bonheurs annoncés

J'aime à penser que tu m'attends peut être, plus seule sur cette route
parfois trop étroite pour accueillir les autres.
Plus seule pour regarder, pupilles dilatées.

J'aime à penser que tu attends plus loin, prêt à me rattraper quand
viendra le moment où je sombrerais. Confiante, même pas peur
de l'inconnu.

Scrute encore, et le soleil et le brouillard qui se lèvent,
apparaissent ces petits bonheurs annoncés

Marche plus sereinement sur le bord des quais.

J'osais à peine rentrer dans ces ruelles sombres.

Même plus peur de l'inconnu

M'aimes tu?